Article du journal La Montagne du lundi 7 juin 2010.

Publié le par Regarder-Agir-Vichy

En Terre d'Ébène, deuxième exposition consacrée à Albert Londres, témoigne de ce qu'était pour lui une mission de grand Reporter en Afrique.

 

 

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Journaliste bourlingueur, grand reporter, Albert Londres a toujours porté un regard incisif sur la société. Sa plume traçait des vies celles du coureur du Tour de France, de l'aliéné, de l'Homme quel que soit son continent ou la couleur de sa peau. Ce voyageur impénitent témoignait de ces périples dans de multiples articles au style vif et passionné. Après une première exposition durant l'été 2009, l'association Réagir poursuit son objectif auprès du grand public : celui de lui permettre de (re) nouer des liens avec l'écrivain vichyssois souvent méconnu.

 

Elle propose un deuxième rendez-vous avec Albert Londres à travers une exposition En Terre d'Ébène, un spectacle itinérant Le moteur à bananes et des Rencontres ponctuées de projections de reportages et des conférences (voir ci dessous), jusqu'au 4 juillet.

« Pour cette édition, nous avons fait le choix du thème de Terre d'Ébène, titre du livre que rédigea Albert Londres à son retour d'Afrique. Livre qu'il termina d'écrire à Boubon-L'Archambault où il se reposait, explique Marie De Colombel, de l'association Réagir.

 

Son cri d'alarme sur la condition des noirs en Afrique devint l'Affaire Londres ! Son auteur dut faire face aux attaques de la presse colonialiste. Il faut se replonger dans le contexte des années 1930 : La France a colonisé un tiers de l'Afrique, c'est la mode des années folles et celle de l'art nègre. Il y avait eu le voyage d'André Gide au Congo « Tout me charmait? » écrivait il, mais il avait pressenti des choses. »

En 1928, Albert Londres décide d'aller voir. Il part pour un périple de quatre mois pour Le Congo, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Niger, le Soudan. »

 

Tout au long de son périple le grand reporter a cheminé en marge de sentiers officiels, pour croquer des portraits au fil de ses rencontres, racontant ce qu'il a vu dans une série d'articles diffusés en feuilletons dans Le Petit Parisien. Il n'a de cesse de prendre des photos et des notes avec précision dans ses carnets de voyage.

« Il décrit l'Afrique, dans une progression crescendo, du soleil qui tape, à la noirceur des situations, à son malaise qui apparaît. Il donne la parole à ceux qui ne peuvent la prendre. »

Parmi ces choses vues, il y a le chantier du Congo-Océan. La construction de ce chemin de fer de Brazzaville à Pointe Noire a fait des milliers de morts. Hommes et femmes étaient recrutés de force, et si des villages résistaient, ils étaient mis à sac et les villageois exécutés. Outre le scandale que provoquent ces récits, la France colonialiste découvre ses clandestins, les Noirs de France s'insurgent.

L'exposition En Terre d'Ébène dans l'Orangerie du Pôle Lardy, près du parc ou Albert Londres aimait se promener, guide le visiteur dans ce périple où le grand reporter n'hésita pas à porter la plume dans la plaie pour dénoncer les injustices, les abominations. C'est ainsi qu'il concevait sa mission de grand reporter.

 

En Terre d'Ébène, jusqu'au 4 juillet, au Pôle Lardy, salle de l'Orangerie. Ouverte tous les jours de 14 heures à 19 heures. Entrée gratuite. 

 

Article de Fabienne Faurie. 

Source : lamontagne.fr  

 

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